les corps animaux

sans sommeil, sans désir, et traversant le jour comme l’hiver le plus long. tout est effort: je le sais, et passe outre, et soudain par surprise dans la béance des escaliers je retiens, avec une étonnante mesure, les premiers signes de l’effondrement. j’assiste comme spectatrice à mon lent détachement: que l’un ou l’autre des fantômes qui peuplent mon quotidien se prennent à m’emmener dans leurs heures inutiles, et je me trouve à dire: I really don’t care. je sombre parce que je n’ai plus le choix, je sombre aussi parce que je choisis de ne plus vouloir cette vie-là.

M m’écrit: « il faut sortir des livres ». j’ai envie de dire, oh baby, rien ne te sort des livres comme 6 ans d’Ivy League…

rien n’existe qui me touche, rien ne vient qui ne me heurte, à l’exception de la masse chaude et sereine d’un enfant, la masse chaude et filante d’un jeune chien.