rêvant de Skye, toujours

Isaure qui débarque de mon côté de l’Atlantique, sa joie, sa beauté, son exigence de belle blonde avec la lèvre moqueuse – c’est la fin d’un hiver d’une terrible dureté.

on marche dans l’air coupant, vieux films et dîners improvisés avec J qui est une sorte de merveille, quand on croise mon amant américain dans un bar J déclare « je ne vois pas ce que tu as pu lui trouver » et je ne sais plus exactement non plus mais par loyauté je ne dirai pas de mal du tendre garçon que l’hiver m’a offert, par loyauté j’irai chercher une bouteille de Talisker, par loyauté pour son nom de chef de clan écossais, pour mes passions guerrières du nord de l’Europe, par loyauté pour la joie que toujours Skye fera surgir en moi

au matin éberluée je raconte à Isaure mon rêve tout noyé des tourbes de Talisker: l’homme qui venait à moi, qui me prenait dans ses bras et me donnait son nom s’appelait Alexander Nicolson – l’homme aux yeux noirs ourlés, cet homme que je croyais avoir fabriqué de toutes pièces, je découvre avec stupéfaction qu’il porte le nom d’un historien de Skye du dix-neuvième siècle…

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