femme et ça suffit.

femme je suis et dans la quête permanente d’une élucidation illusoire de ce que c’est qu’être femme. des millénaires à porter la marque de l’autre – à se faire assommer par ce qu’attendent de nous les poètes, les prêtres, les chefs de clan, à bercer de ses bras des hommes affolés de ne savoir nous contenir. oh, quelle fatigue.

tout dans le discours externe et internalisé m’amène à me penser de façon complexe, si ce n’est problématique: le corps, la subjectivité, l’identité, la liberté, le désir, la maternité, les rapports avec les hommes et avec les femmes. en tant que femme, je me lis comme objet laborieux, je m’approche avec l’idée qu’il y a un mystère à résoudre. dans l’écriture je cherche sans cesse à suivre les formes de ce mystère sans joie. et c’est peut être une démarche noble, passionnante – mais d’abord aliénante. car il n’y a pas de résolution. il n’y a pas de réponse. il n’y a pas d’élucidation. de la même façon que je reporte mes angoisses sur la normalité de mon corps, dans l’écriture je les transfère sur ma capacité à rendre compte du monde, mais aussi sur ma capacité à me comprendre. il n’y a aucune possibilité de « réparation ». I am not broken. there is nothing to fix.

« La femme, comme l’homme, est son corps, mais son corps est autre chose qu’elle… » (Beauvoir)