En regardant Zabriskie Point

toujours chez Antonioni:

le souci du son (musique expérimentale, voix mêlées, hauts parleurs en fond, voitures/réacteurs d’avion) – un son qui jamais ne se substitue à l’image, ou n’en redouble le sens, au contraire, le son existe en soi.

l’urbanisme froid des villes poussiéreuses et des fils électriques : l’Italie du Nord fait place aux façades soufflées par le soleil de la côte ouest des Etats-Unis.

les femmes un peu enfants (pour jouer le jeu des hommes) mais toujours autonomes

Daria brusquement entourée par une nuée de petits garçons qui veulent “a piece of ass”, comme Monica Vitti proie des hommes dans le village sicilien de L’Avventura

Daria qui roule en voiture dans le désert et Mark en avion qui la frôle, la cherche, l’entraîne: la plus belle rencontre.

la scène d’amour: physique, minérale, corps décuplés dans la danse

le type qui meurt pour rien: pas de grande cause politique, pas d’avancement sociétal, il meurt d’être trop honnête, innocent. le cinéma ne démontre rien, montre seulement.

scène finale et affolante: Daria se venge par l’imaginaire en faisant exploser la maison dans le désert – vaporisation des objets matériels les plus insignifiants, qui soulevés par le souffle prennent une vie nouvelle